Comme la peinture ou la sculpture, la gravure peut être considérée comme un art à part entière et de nombreux peintres du XXème s’en sont largement servi pour s’exprimer : BRAQUE, MIRO, PICASSO, SOULAGES, ZAO WOU-KI, ALECHINSKI, pour n’en citer que quelques uns.
Je n’ai aucune prétention ni compétence pour vous parler de gravure mais comme j’ai rencontré des artistes fort intéressants qui appliquaient à merveille leur savoir-faire en la matière, j’ai eu envie d’en parler avant, bien sûr, d’évoquer les dits-artistes qui feront l’objet de billets ultérieurs.
Parmi les définitions de la gravure, on peut citer : "technique permettant de créer un relief sur un support métallique en creusant avec un burin " » ou encore : "terme générique désignant une estampe gravée en creux (taille-douce) ou en relief (taille d’épargne)". Au sens absolu du mot, la gravure est l'art de tracer par incision, à la surface d'une matière quelconque, des caractères, des ornements ou des figures.
TAILLE-DOUCE
Désigne tous les procédés de gravures en creux dont les trois principaux sont le burin, l'eau forte et la pointe sèche. On parle de taille-douce car les tailles produites sont plus fines que celles de la taille d'épargne. Les parties creusées reçoivent l'encre et correspondent aux noirs. L'encre est déposée à l'aide d'un tampon ou d'un rouleau, afin qu'elle pénètre bien dans les tailles. A l'opposé, la surface restée vierge, parfaitement nettoyée avant l'impression, donnera les blancs de l'épreuve. Le taille-doucier est l'imprimeur travaillant sur une presse en taille-douce.
Le burin
Une des principales techniques de la gravure en taille-douce, sans doute la plus ancienne. Avec son burin, outil à tige d'acier biseautée et à manche de bois qu'il tient dans la paume de la main, le graveur entame la plaque de cuivre en ôtant des copeaux. Les gravures au burin se distinguent par la force et la pureté de leur trait ou par de subtiles nuances de tons obtenus par des réseaux de lignes.
L’Eau-forte
Procédé de gravure en taille-douce obtenu par réaction chimique. Le graveur exécute librement un dessin à l'aide d'une pointe de métal sur la plaque de cuivre, préalablement enduite d'un vernis. La plaque est alors plongée dans un bain d'acide nitrique qui n'attaquera que les zones mises à nu par le dessin. La plaque sera ensuite nettoyée de son vernis avant d'être encrée. L'intensité de la morsure, qui déterminera la force du trait, est le résultat d'un subtil dosage entre le temps d'immersion et la proportion d'acide. Les graveurs ont souvent recours à plusieurs essais de morsure avant d'obtenir une épreuve conforme à leur désir.
La Pointe sèche
Technique majeure de la gravure en taille-douce. A l'opposé du burin qui enlève des copeaux de matière, la pointe d'acier forme, de chaque côté du sillon, des barbes qui retiendront l'encre et produiront sur l'épreuve imprimée des noirs vibrants et veloutés. Pour protéger les barbes de l'écrasement lors de l'impression, on procédera à l'aciérage de la plaque.
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| Gravure sur cuivre en taille douce |
TAILLE D’EPARGNE
Contrairement à la taille-douce, la taille d'épargne consiste à creuser la planche à l'aide de gouges et de ciseaux, afin de créer des reliefs correspondant au contour du dessin. Seuls ces reliefs seront encrés, les creux immaculés, produiront les blancs. Cette technique tire son nom du fait que l'on creuse le support autour du dessin à reproduire pour le faire apparaître en relief (on épargne le dessin d'où également le nom de taille d'épargne). Parmi les différentes techniques de la taille d'épargne, celle du bois gravé ou xylographie est la plus ancienne. La gravure sur linoléum ou linogravure, plus facile à travailler que le bois, fera son apparition au XXe siècle.
La Xylographie
Technique de la gravure sur bois, apparue en Europe au XIVe siècle avant la typographie. On distingue la gravure sur bois de fil (taille dans le sens des fibres), de la gravure sur bois de bout, plus tardive. A u XXe siècle, sous l'impulsion des expressionnistes allemands, la gravure sur bois connaît un nouvel essor.
La Linogravure
La linogravure est une méthode de gravure relativement jeune : le linoléum, utilisé comme plaque à graver, apparaît en Angleterre en 1863. À l'origine utilisé pour recouvrir les sols, c'est seulement en 1900 qu'il est détourné vers la gravure . Elle est dérivée de la xylographie ; on y retrouve donc les mêmes principes techniques : taille en épargne des blancs, estampe obtenue par pression et transfert de l'encre disposée sur les zones non creusées sur le support.
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Gravure en taille d'épargne (sur bois) |
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Gravure en taille d'épargne (Linoleum) |
A la différence de la peinture qui tend à privilégier la perception visuelle, la gravure s’adresse en premier lieu au sens tactile : l’essentiel réside dans le relief qui surgira à l’impression, rejetant au second plan le dessin et les couleurs. Et je ne pense pas me tromper en disant que le papier, sa texture, son grammage, sa qualité, prend une place énorme dans le cheminement du graveur car sans lui l’œuvre ne serait pas…
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